dimanche 5 janvier 2014

La bonne intervention de santé, au bon moment, au bon endroit, pour le bon patient…

Telle est la façon la plus simple et la plus parlante de définir la « pertinence des soins ». A première vue, « la bonne intervention de santé, au bon moment, au bon endroit, pour le bon patient », cela sonne comme une évidence… mais est-ce vraiment si simple ? Pas forcément ; comme l’indique la Haute Autorité de Santé (HAS), analyser la pertinence d’une intervention de santé impose de mettre en balance plusieurs dimensions : l’état des connaissances scientifiques, le rapport entre les bénéfices attendus et les risques encourus, les préférences des patients et la disponibilité des ressources en santé.




Mais finalement, pourquoi s’intéresser à la pertinence des soins ? Faut-il comprendre que certains soins ne seraient pas pertinents ? Le ministère de la santé apporte un début de réponse à ces questions sur son site internet : « les études montrent des variations très fortes des taux de recours aux soins hospitaliers entre les régions et entre les territoires de santé, traduisant l’existence éventuelle de soins non pertinents et/ou de disparités d’accès aux soins ». Il existe ainsi des régions, des départements, des territoires où la population est plus souvent opérée qu’ailleurs d’une appendicite, d’un syndrome du canal carpien, d’une cataracte…

De tels écarts peuvent être liés à des différences démographiques entre territoires, mais aussi à des pratiques différentes entre les professionnels. Afin d’y voir plus clair, le ministère de la santé a fourni aux agences régionales de santé un guide méthodologique pour l’amélioration de la pertinence des soins. L’analyse statistique du taux de recours à l’hospitalisation est le point de départ d’une démarche adaptée à chaque situation régionale. Les professionnels de santé des territoires sont ainsi associés au diagnostic et peuvent contribuer à la mise en place d’actions, « l’analyse et l’amélioration de la pertinence des interventions de santé » faisant partie des méthodes de développement professionnel continu, auquel ils sont soumis depuis le début de l’année 2013.




La HAS a déjà développé un certain nombre d’outils d’amélioration de la pertinence des soins, par exemple sur le thème de l’appendicectomie, de la cholécystectomie ou encore de la chirurgie du canal carpien… A la lecture de son programme de travail 2014, la base documentaire de l’HAS va encore s’enrichir : chirurgie du rachis, hospitalisation pour infection urinaire, endoscopie digestive, arthroscopie de l’épaule, fractionnement des endoprothèses vasculaires, chirurgie du cristallin, tous ces sujets feront l’objet de nouveaux référentiels de pertinence d’ici le premier semestre 2015…