jeudi 9 janvier 2014

Iatrogénie paradoxale : inquiétude provoquée par les tranquilisants

Les benzodiazépines sont des molécules qui possèdent des propriétés anxiolytiques, hypnotiques, anticonvulsivantes et myorelaxantes ; elles ont vocation à être utilisées sur des périodes courtes, du fait de leurs nombreux effets indésirables, et donc des risques qu'elle font courir lors d'une utilisation chronique (amnésie des faits récents, troubles du comportement, sédation, dépendance physique et psychique...).




Addiction, mésusage, lien avec le développement de la démence chez la personne âgée, risques de chute, consommation élevée par rapport aux autres pays : nombreuses sont les raisons incitant à une rationalisation des prescriptions (indications, doses et durée de traitement). Le 25 septembre 2012, la Haute Autorité de Santé, la Direction Générale de la Santé (ministère de la santé) et l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) annonçaient collectivement des mesures pour lutter contre le mésusage des benzodiazépines. Cible principale : le sommeil des séniors, avec le message suivant : "retrouver un sommeil de qualité, arrêter les somnifères, c'est possible !"




Contre toute attente, le rapport récent de l'ANSM est formel : la consommation de benzodiazépines a augmenté au cours de l'année 2012 :

 
Et pourtant, le nombre de consommateurs est resté stable et certaines molécules phares (clonazépam et tétrazépam) étaient en net recul du fait de changements radicaux de leur mode de prescription et/ou de délivrance. En pratique, ce sont donc les doses et/ou les durées des traitements à visée anxiolytique et/ou hypnotique qui ont augmenté, malgré les efforts des pouvoirs publics. Mis en place au 2e semestre 2012, ces efforts n'ont peut-être pas encore eu le temps de produire leurs effets ; pour autant, l'ANSM annonce d'ors et déjà dans sa conclusion "des mesures de plus grande ampleur et plus restrictives"...